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Agriculture Regénératrive

L’agriculture moderne doit être régénératrice Par Lucie Tanguay

La gestion régénératrice des terres est un ensemble de principes et de pratiques qui inversent la tendance courante de dégradation des sols, puis de la qualité de l’air et de l’eau, en améliorant l’écosystème du sol et en restaurant sa biologie.

Le TIERS des sols (33%) est dégradé à travers la planète. Les sols dégradés ont moins de vie et de structure. Ils perdent leur habileté à procurer des services écosystémiques, et ainsi à absorber l’eau et à faire pousser des plantes. Puis, ils perdent leur contenu en carbone, qui est émis dans l’atmosphère sous forme de CO2, aggravant les changements climatiques.

La gestion régénératrice des sols vise à absorber le carbone atmosphérique dans les sols et dans la biomasse des plantes, contribuant à atténuer les changements climatiques.

Par la même occasion, elle augmente la résilience à des désastres naturels tels que des sécheresses, des inondations et autres phénomènes climatiques extrêmes. Rebâtir la matière organique dans le sol réduit la dépendance à des produits chimiques et pesticides, permet de produire de la nourriture plus saine, et accroît la viabilité économique pour les agriculteurs.

L’aménagement régénérateur vise aussi à améliorer le bien-être des animaux, à assurer la justice pour les producteurs et travailleurs, et à favoriser des communautés et écosystèmes régionaux résilients.


Un sol en santé filtre et dégrade divers éléments qui sont présents dans l’eau avant qu’elle ne se retrouve dans la nappe phréatique. Le sol agit comme un tamis et retient certaines particules plus larges. De plus, les micro-organismes décomposent la matière organique et inorganique qui polluerait autrement nos cours d’eau.


PRATIQUES RÉGÉNÉRATRICES

Des pratiques qui contribuent à régénérer les sols et à absorber du carbone incluent:

Le non-labour ou le travail minimal du sol, une couverture constante du sol, une fertilité et des amendements biologiques, l’agroforesterie, les cultures vivaces, l’élevage holistique, la biodiversité, la gestion de l’eau améliorée, la conservation et la restauration des terres, l’aménagement urbain écologique, etc.


Le labour de conservation est un changement de paradigme en agriculture. Cela implique de ne pas labourer avec la charrue et parfois même d’éliminer le travail du sol en surface, afin de minimiser la perturbation du sol pour permettre à l’écosystème du sol de prospérer et de remplir ses multiples fonctions bénéfiques. Réduire le labour peut minimiser l’érosion, diminuer l’utilisation d’intrants chimiques, et promouvoir des systèmes agricoles plus résilients.

Garder le sol couvert facilite les conditions nécessaires qui permettent aux micro-organismes de prospérer. Les cultures de couverture sont une des méthodes les plus connues: une culture non-commerciale est plantée pour contribuer à construire une couche arable du sol, fixer de l’azote, augmenter la matière organique, et retenir plus d’eau dans le sol. Les autres méthodes incluent le paillage et les textiles de couverture. Le paillage implique de couvrir le sol autour des plantes avec de la matière organique, qui réduit l’évaporation de l’humidité et ajoute de la matière organique au sol à mesure qu’elle se décompose. Les textiles de couverture éliminent les mauvaises herbes et préviennent l’érosion et l’évaporation.


La fertilité biologique du sol signifie simplement nourrir des plantes avec des macro- et micro-nutriments. Elle permet de restaurer la capacité biologique des sols à recycler les nutriments à travers des rotations de cultures ainsi que l’application d’engrais verts, de compost et de fumier animal. Les engrais synthétiques engendrent un déséquilibre dans la structure et la fonction de communautés microbiennes dans le sol, créant un écosystème agricole dépendant de ces substances, et des plantes moins résilientes.


L’agroforesterie désigne l’intégration d’arbres dans les systèmes agricoles, donc avec les cultures ou les pâturages. Les arbres peuvent améliorer la production animale ou culturale en augmentant la capacité du sol à absorber l’eau, en créant un habitat pour les organismes bénéfiques et en enrichissant le microbiome du sol. De plus, les arbres peuvent fournir eux-mêmes des récoltes, de fruits, de noix ou de matériaux de construction.


Les vivaces sont des plantes qui demeurent en vie année après année et qui fournissent de multiples récoltes dans leur vie. Elles incluent les arbres à fruits, les arbres à noix, les baies, les pâturages, certaines céréales, et certains légumes vivaces comme l’asperge et le topinambour. Elles développent toutes des racines profondes qui améliorent la structure du sol, augmentent la séquestration de carbone et l’infiltration de l’eau, et peuvent contribuer à l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques. En général, elles aident à promouvoir la souveraineté alimentaire et la sécurité hydrique à long terme.


L’élevage animal holistique est une approche de gestion des animaux sur pâturage d’une façon qui imite la nature, c’est-à-dire en troupeau dense qui se déplace fréquemment. Les producteurs déplacent les animaux à travers des enclos temporaires. Les animaux se nourrissent, fertilisent par leur fumier, piétinent le sol puis se déplacent, laissant le pâturage récupérer. Non seulement cette pratique améliore le bien-être animal, mais elle produit de la nourriture plus saine et permet l’absorption du carbone atmosphérique dans le sol.


La règle de base en écologie est que plus on augmente la biodiversité d’un système, plus on accroît sa résilience, et vice-versa. Les écosystèmes riches en diversité sont capables de mieux résister à des perturbations et d’en récupérer plus rapidement. Ces perturbations peuvent inclure des extrêmes climatiques, des impacts humains et de la dégradation. L’intégration d’habitats sauvages dans le design d’écosystèmes agricoles, les rotations culturales, l’intégration de cultures et d’animaux, et la non-utilisation d’OGM et d’intrants chimiques sont toutes des pratiques permettant de préserver ou d’augmenter la biodiversité.


Au moment où 40% de la planète souffre de la rareté de l’eau, une bonne gestion de l’eau fait partie intégrante de l’agriculture régénératrice. Un sol couvert et en santé est plus résilient aux sécheresses et aux inondations. Puis une irrigation et une infrastructure de collecte d’eau efficaces, ainsi qu’un aménagement paysager stratégique aident tous à la conservation de l’eau.

Les pratiques régénératrices visent aussi à préserver ou réhabiliter des terres contaminées et des habitats, tels que des tourbières, des zones humides ou des forêts. Ces types d’écosystèmes sont cruciaux pour l’atténuation des changements climatiques et pour la protection de diverses espèces qui y habitent.


Les gouvernements municipaux et les communautés ont le pouvoir de régénérer les sols. Augmenter les espaces verts, intégrer plus d’arbres et vivaces dans l’aménagement, et encourager l’agriculture urbaine sont toutes des façons par lesquelles les villes peuvent jouer un rôle dans l’aménagement régénérateur.


Étant donné qu’en climat froid, l’approvisionnement en nourriture dépend largement de l’importation de produits en hiver, des stratégies d’adaptation telles que des serres permettent d’éviter des émissions de carbone et de procurer de la nourriture saine et locale avec moins de dépendance aux intrants chimiques.


La gestion régénératrice prône des conditions justes pour les travailleurs, et soutient une approche collective pour l’agriculture incluant la formation d’associations, de syndicats et d’organisations démocratiques. Elle reconnaît aussi l’importance de restaurer la culture, les connaissances et les pratiques autochtones dans la gestion du territoire.

(Source : regeneration.ca)

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